Liane, 35 ans

Le jour où j’ai poussé la porte de son cabinet, c’était vêtue de mes couleurs rationalistes. Avec ces mots je crois, en guise de présentation: «La réflexologie, je n’y crois pas au sens de médecine scientifique. Mais j’aime bien les massages. Faites au mieux».

C’est toujours vrai, quatre ans plus tard!

Si je frappe régulièrement à la porte de Muriel Gamperle, si elle m’ouvre toujours de manière aussi amène et généreuse en dépit de ma défiance affichée, je doute toujours autant que mes pieds aient quelque chose à lui dire. Ce dont je suis sure en revanche, c’est qu’elle leur parle.
Comme si, en cherchant les dysfonctionnements physiques, elle mettait la main sur le centre de contrôle de toute la machine psychique.
Comme si, en voulant trouver l’écho d’une douleur, elle trouvait le chemin de la connivence entre le corps et l’esprit, qu’elle m’envoyait en bordure de conscience, à la lisière du sommeil et de l’hyper lucidité, une zone que jusque-là je n’avais pas explorée. Marge blanche et paisible, là où les pensées dansent et s’effilochent, donnant parfois naissance à des idées spontanées, si difficiles à advenir lorsqu’on les sollicite. Quand les mains de Muriel parlent à mes pieds, le corps devient lourd et l’esprit balade, l’un s’assoupit l’autre créée.

Je n’en demandais pas tant. Et ce que ma raison n’admet pas, le besoin me l’impose: pousser une fois encore la porte du cabinet blanc fleuri d’oiseaux, pour retrouver le geste qui apaise et me réunit.

L.L.Z.
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